Florilège (45)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

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Benjamin Britten
– War Requiem

  En 1940, la cathédrale de Coventry fut presque complètement détruite dans un raid aérien allemand. Comme cette cathédrale abritait la tombe de son premier Evêque, elle fut consacrée en mémorial et justifia ainsi la nécessité de la reconstruire. La première pierre fut posée par la Reine Elisabeth II en 1956 et l’inauguration eut lieu en mai 1962. C’est pour cette occasion que fut commandée à Britten une œuvre digne de l’événement. Véritable plaidoyer contre la guerre, le War Requiem mêle au texte latin des poèmes de Wilfred Owen, mort sur le champ de bataille en 1918, poèmes décrivant la brutalité de la première guerre mondiale. (NR)


Il Giardellino
– Lamentationes – Bach & Zelenka

  Le programme de cet album de l’ensemble il Gardellino s’articule, sur le thème des lamentations, autour de deux cantates de J-S. Bach et de deux Lamentations de Jan Dismas Zelenka. Les deux compositeurs étaient contemporains, ils se connaissaient et s’estimaient, l’un directeur de musique à Leipzig, l’autre au service de la Chapelle royale de Dresde.Si le thème est la douleur exprimée devant la destruction de Jérusalem et la colère de Dieu, la musique de Bach se diffuse en jeux de couleurs, fugues et contrepoints arias, chœurs, récitatifs et diversité instrumentale tandis que celle de Zelenka austère et plus sombre dans ces tonalités de basse ou plus mélancolique dans l’expression est peut-être plus proche ici de l’âme qui se lamente. (FVW)


Fausto Romitelli
– The Nameless City – Musiques Nouvelles

   « That is not dead which can eternal lie, And with strange aeons even death may die » Howard Phillips Lovecraft écrivit The Nameless City en 1921. Maître du mystère, distillateur de l’angoisse, créateur de mondes invisibles à la frontière de notre nature humaine. Un parallèle à faire entre Lovecraft et Fausto Romitelli ? Oui, une vie brève pour tous deux mais ô combien pleine. Le compositeur italien sut si bien assimiler les idiomes sonores de son temps qu’il s’en libéra. La musique n’était pas pour lui une discipline mais un élément dont s’entourer, à modeler, à rêver. Parlant de sa pièce palindrome Amok Koma, Romitelli disait « Dans cette œuvre, je suis parti d’une idée très simple : celle de la répétition/dégradation du matériau. Les processus linéaires, prévisibles et donc rassurants, se verront orienter progressivement vers les pôles extrêmes que sont le silence et la saturation, grâce à des ralentissements jusqu’à l’immobilité ou à des accélérations jusqu’au paroxysme. L’idée de  » processus musical  » est seulement un prétexte me permettant de rendre perceptible ce qui m’intéresse véritablement : l’avènement d’une violence cachée qui se révèle seulement par la dérive chaotique du matériau, par le rituel de sa destruction comme élément discursif porteur de forme et sa résurrection comme matériau incandescent, dès lors, hors de tout contrôle. » Fausto Romitelli écrivit The Nameless City en 1997. Maître de l’incréé harmonique, distillateur d’inouï , créateur de mondes sonores à la mesure de notre nature humaine. (AG)


Albert Roussel
– Le Festin de l’Araignée

  Un enregistrement précieux que nous offrent là Stéphane Denève et le Royal Scottish National Orchestra ! Au lieu de se contenter de la suite d’orchestre du Festin de l’araignée, c’est le ballet-pantomime dans son intégralité que nous pouvons découvrir dans une interprétation très fine. Composé en 1912 sur un argument du compte Gilbert de Voisins, ce ballet sous-titré Souvenirs entomologiques de Fabre met en scène l’Araignée et sa toile face à une série d’insectes qui viennent s’y prendre. Au moment de passer à table, l’araignée sert elle-même de repas à une mante religieuse et le crépuscule tombe sur ce petit coin de jardin, ramenant le calme après ce drame microscopique. Roussel en excellent orchestrateur tire prétexte de cet argument pour dresser une galerie de portraits les plus ressemblant les uns que les autres : l’éphémère, les fourmis, le papillon et bien sur, l’araignée. En l’absence de l’action scénique, il nous est parfaitement loisible d’imaginer tout ce petit monde en mouvement que la musique néo-impressionniste de Roussel évoque à merveille. De ses nombreux voyages en tant qu’officier de marine et de son séjour en Orient en 1909, le compositeur ramène la matière d’un opéra-ballet : Padmavati, oeuvre sublime. L’intrigue se base sur la prise, vers 1300, de la ville de Chittorgarh au Rajasthan par le sultan Alâ ud-Dîn Khaljî, et le destin funeste du roi rajpoute Rawal Ratan Singh et de son épouse Rani Padmini. La première Suite pour orchestre commence par une évocation du drame qui va survenir : même s’il a conclu une amitié avec le sultan Alaouddin, ce dernier arrive au palais du roi Ratan-Sen avec l’armée moghole qui marque sa présence par une danse guerrière. Vient ensuite la Danse des femmes esclaves, d’une toute autre nature. Alaouddin demande à voir une femme réputée pour sa beauté, Padmâvatî, l’épouse de Ratan-Sen dont il va tomber amoureux. Frappé par sa beauté, Alaouddin la réclame en échange de la paix. Dans la seconde suite, Padmâvatî s’interroge sur l’issue de la guerre. Survient Ratan-Sen blessé mortellement. Padmâvatî lui annonce qu’elle va se livrer à Alaouddin afin de sauver la ville . Elle poignarde alors son mari en lui promettant de le suivre dans la mort.Les prêtres allument le bûcher funéraire autour duquel dansent les déesses Kali et Durga. Padmâvati s’avance dans les flammes au moment où Alaouddin surgit, assistant à la mort de la reine. Les deux suites, malgré le charme qui émane d’elles, sont impuissantes à rendre toute la magie de l’opéra et il arrive qu’on en retire une image d’un orient de pacotille. L’interprétation de Denève fait cependant de ces suites, un grand moment de musique, mystérieux et sensuel à souhait. (AG)


Bach Drama
– Leonardo Garcia Alarcon & Les Agrémens

  Leonardo Garcia Alarcon s’est immergé avec passion dans les œuvres profanes de Jean-Sébastien Bach, composées alors qu’il était directeur de la musique à Leipzig. La plupart de ces œuvres furent interprétées par le Collegium Musicum, l’orchestre d’étudiants qu’il dirigea à Leipzig à partir de 1729 ; elles étaient jouées au célèbre café Zimmermann. Les autres lui furent commandées pour diverses célébrations. Cet album présente trois d’entre elles, trois « drama in musica » créées pour des circonstances particulières. Leonardo Garcia Alarcon, le Chœur de Chambre de Namur et l’ensemble les Agréments nous font découvrir cette autre facette du génie de Bach et la vitalité de leur interprétation nous fait imaginer combien Bach devait se plaire à composer ces arias, ces récitatifs, ces chœurs puissants qui sont de véritables actes d’opéra.« La controverse entre Phebus et Pan », BWV 201, composée probablement pour l’entrée en fonction de Bach comme directeur de la musique, est une sorte de fable mythologique inspirée des Métamorphoses d’Ovide. L’œuvre s’engage dans le débat esthétique en vigueur à l’époque, qui oppose la musique savante représentée ici par Phébus contre la musique populaire dont Pan se fait le promoteur. Bach était d’autant plus sensible à la question que sa musique était critiquée par un public souvent inapte à percevoir son génie. Il affirme par cette œuvre la conception qu’il a de son art. Usant de toutes les richesses de l’instrumentation en vogue sur les scènes d’opéra, il les mène bien plus loin que ce que les compositeurs de son époque ont pu imaginer. Leonardo Garcia Alarcon voit dans l’air de Tmolus « Phöbus, deine Melodei », une synthèse de l’art de J-S. Bach.« Eole apaisé », BVW 205, fut composé pour l’anniversaire d’un professeur de l’université. L’œuvre est inspirée d’un acte de l’Enéide de Virgile. La puissance de la composition sollicita un orchestre d’une envergure particulière. Bach honorait ainsi le corps universitaire de Leipzig.« Le choix d’Hercule », BVW 213, fut composé pour l’anniversaire du jeune fils du prince électeur de Saxe et roi de Pologne. L’œuvre est proposée ici sur DVD, filmée au Festival d’Ambronay. (FW)


Leo Kupper
-Digital Voices

  Le compositeur-électroacousticien Leo Kupper travaille avec Digital Voices la voix humaine, traitée par ordinateur et spatialisée. Cinq œuvres au programme : deux pour voix féminine (Barbara Zanichelli, Anna Maria Kieffer), deux pour voix masculine (Nicholas Isherwood) et, entre les deux, une œuvre instrumentale. Cette recherche sur la vocalité dessine le portrait d’un monde électronique et abstrait où les sons organiques (voix, oiseaux, etc.) se mêlent à une rare instrumentation. (SB)


Contributeurs:

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL) ~ Sébastien Biset (SB)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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