L’Impressionnisme, éloge de la mode & Fashion !

«L’Impressionnisme, éloge de la mode » est un DVD sorti aux éditions Montparnasse à l’occasion d’une exposition consacrée aux relations entre l’impressionnisme et la mode qui a eu lieu l’automne dernier au musée d’Orsay.

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La naissance de la photographie et l’émergence du mouvement impressionniste sont deux phénomènes très liés.

L’intention des impressionnistes, perpétuellement en quête de modernité, était de  rendre compte des mœurs de l’époque, de peindre les gens dans le contexte de leur quotidien. Ils voulaient faire des instantanés de la vie comme le font les photographes.

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Ils aimaient rendre le mouvement réel, contrairement aux académistes qui peignaient en studio où les modèles restent statiques et… où il n’y a pas de vent! Ils ont ainsi donné vie a la tenue vestimentaire de l’époque.

Comme le dit Florence Müller,  historienne de la mode, le vêtement ne prend vie que si quelqu’un le porte, l’exposer sur un mannequin lui ôte son incarnation, il est destiné à être vu en mouvement. La peinture impressionniste nous permet ainsi de voir comment le vêtement prenait forme sur le corps de la femme ou de l’homme.

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Le film analyse également le contexte culturel dans lequel les peintres travaillaient. En prenant l’exemple des travaux d’un photographe contemporain, une comparaison est faite avec ce que pourrait donner une photo de mode actuelle, si elle était réalisée dans l’esprit des impressionnistes.

Cette comparaison met en avant la modernité de cette peinture qui actuellement est malheureusement souvent vue comme « poussiéreuse » ou destinée à un public au goût mièvre.

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L’image de la femme dans cette fin 19e, son évolution ainsi que les contraintes exercées par les règles sociales sont relatées et laissent à réfléchir sur une image trop idyllique qu’on pourrait se faire de cette époque en admirant ces peintures par le philtre de notre regard d’homme « moderne » du 21e siècle.

Une vision très instructive de cette peinture sur laquelle on croyait déjà tout avoir dit. On peut également y voir le styliste Karl Lagerfeld, dessiner une robe à crinoline et nous faire l’éloge de l’esthétique de l’époque.

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Très complémentaire à ce premier DVD, « Fashion ! », une série documentaire d’Olivier Nicklaus, éditée par Arte, reprend l’histoire de la mode depuis les années 80. Ici le phénomène de la mode est vu dans son aspect indissociable du climat social de chaque décennie concernée. La mode est le reflet d’un mode de vie dit Jean-Paul Gaultier.

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Tous les plus grands modistes de ces trente dernières années sont interviewés. On peut ainsi entendre Karl Lagerfeld, que l’on à pu voir également dans « L’impressionnisme, éloge de la mode », parler de sa démarche et de ce qui le motive encore et toujours dans son travail.

Économie, bulle spéculative, production et contexte de mondialisation, la série passe en revue l’histoire économique de ce marché du luxe, avec ses mégas défilés et ses stars qui en assurent la couverture médiatique.

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Un DVD qui plaira non seulement aux inconditionnels de la mode, mais également à tous les curieux de phénomènes socioculturels insolites ou extravagants.

« Impressionnisme, éloge de la mode », un film de Anne Andreu et Emérance Dubas & « Fashion ! », une série documentaire d’Olivier Nicklaus, sont des films qui se répondent et s’éclairent l’un l’autre par leur sujet et leur approche.

Eddy Maes.

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Florilège (47)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

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Emmanuel Krivine & Karine Deshayes – Orchestre Philharmonique du Luxembourg

 ER2054 N’en déplaise à Claude Debussy, qui disait de Maurice Ravel: «ce qui m’agace, c’est son attitude de faiseur de tours, ou mieux, de Fakir charmeur, qui fait pousser des fleurs autour d’une chaise. Malheureusement, un tour, c’est toujours préparé, et ça ne peut étonner qu’une fois», cet enregistrement m’a plu et je dirais même m’a quelque part charmé au vu des options d’interprétations choisies par Emmanuel Krivine qui, comme le dirait probablement Debussy a opté pour une interprétation digne d’un horloger suisse (ainsi Debussy parlait-il de Ravel à propos de la science qu’il possédait de l’orchestration). Et d’orchestrations, il en sera question dans cet enregistrement puisque Emmanuel Krivine à la tête de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg nous propose un programme où se juxtaposent quelques unes des plus belles orchestrations que Ravel ait faites de ses propres œuvres initialement écrites pour piano: Alborada del Gracioso et Une Barque sur l’Océan (issues du recueil des Miroirs), Pavane pour une Infante Défunte (composée pour la princesse de Polignac en 1899 alors que Ravel est étudiant au conservatoire dans la classe de Gabriel Fauré. Aux côté de ces orchestrations nous retrouvons La Valse ou encore le non moins fameux Boléro avec lesquels Krivine s’engage dans la voie d’une vision des œuvres quasi mathématique sans emportement lyrique où l’équilibre instrumental et pointilliste de l’orchestre l’emporte sur une certaine emphase à laquelle l’on est parfois habitué avec ces œuvres.Avec la voix de Karine Deshayes dans Shéhérazade, on tombe, sans quitter la vision analytique du propos, dans l’envoûtement et le mystère propres à l’œuvre du poète Tristan Klingsor.

En résumé, comme je disais au début de cet article, cet enregistrement m’a charmé. Ne pourra-t-il me charmer qu’une seule fois pour rejoindre le propos de Debussy, la chose reste à démontrer avec une écoute ultérieure … plus tard … afin de savoir pour moi même. Mais pour vous finalement, il suffit de tenter l’expérience auditive certains en seront certainement ravis alors que d’autres seront déçus par le trop de maniérisme apporté par Krivine à l’interprétation de l’œuvre «ravélienne» qui ne cessera jamais de nous charmer d’une manière ou d’une autre. (PC)

Trialogue – Dominique Vellard, Aruna Saïram, Nourredine Tahiri, H.N Bhaskar…

 AA1034 Dans toutes les grandes traditions musicales et spirituelles, le chant occupe une place essentielle et les chants de prière, ou les poèmes spirituels placent les hommes sur le même plan d’humilité, dans le même questionnement face aux desseins divins ou aux mystères de l’univers. Le programme de cet album est le fruit de la rencontre entre chanteurs et musiciens issus de trois différents répertoires traditionnels, ceux de l’Inde du Sud, du Maroc et de l’Occident médiéval. Après les premières plages qui présentent chacune une prière monodique d’une des trois cultures, les voix sont rejointes par une instrumentation mélodique, violon, oud, vièle à archet et percussion (mridangam et daf). Une rencontre spirituelle motivée par la même aspiration des artistes à ce qu’une entente pacifique puisse s’installer un jour entre les peuples. (FVW)

Plorer, Gemir, Crier – Ensemble Diabolus in Musica

 AA4325 Johannes Ockeghem est le compositeur majeur de la fin du Moyen Age. A sa mort il laisse une œuvre fondamentale. Plusieurs parmi les plus grands compositeurs de son temps lui rendirent hommage, ainsi, Josquin Desprez, Pierre de La Rue, Jacob Obrecht, Antoine Busnoys, et Johannes Lupus. Leurs œuvres d’hommage font l’objet de cet album. L’ensemble Diabolus in Musica rassemble des musiciens, chercheurs, spécialistes passionnés de musique médiévale dont ils rappellent qu’elle est le fondement de notre culture. (FVW)

Luz Del Alva – Chansons Espagnoles du début de la Renaissance

 AA8000 Cet album fait état de ce qu’était la chanson espagnole au temps des Rois catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand V d’Aragon (fin XVème début XVIème). Les chansons sont tirées de différents recueils manuscrits et chansonniers dont le plus célèbre est le Cancionero Musical de Palacio de Madrid, fruit du labeur d’un copiste qui y travailla durant quinze années. L’album nous éclaire sur les origines du style de ces chansons espagnoles qui étaient souvent écrites par des compositeurs-poètes et appréciées dans les cercles de la noblesse et de la cour.  Les interprètes de l’Ensemble La Morra en restituent raffinement et  délicatesse, le chant est accompagné de divers instruments, harpe, flûte, luth, vihuela, clavecin… (FVW)

Contributeurs:

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL) ~ Sébastien Biset (SB)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

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La Jamaïque : 50 ans d’indépendance et de discorde

hjjjjjjUne des images marquantes de l’été 2012 est la victoire de Usain Bolt aux J.O. à Londres. De Kingston à Londres,  les Jamaïcains ont dûment fêté les 12 médailles que leur nation a remportées. Ce n’était que le début des festivités : l’île tropicale célèbre également cette année son 50ème anniversaire d’indépendance. Depuis 1962, ce petit pays d’à peine 3 millions d’habitants s’est fait connaître dans le monde entier grâce à ses athlètes mais surtout grâce à ses musiciens.

Jimmy Cliff dans le film The Harder They Come, 1972

Jimmy Cliff dans le film The Harder They Come, 1972

La musique a énormément d’importance aux yeux des Jamaïcains. Dès les premières années d’indépendance, les Jamaïcains ont créé une musique bien à eux (le ska) en incorporant des éléments de leur musique populaire (le mento) au R&B américain.  Durant cette période de nouvelle indépendance, le patriotisme règne. En tant que « véritable musique du pays », le ska est très rapidement adopté par le public. Le ska et son rejeton le rocksteady sont diffusés au public international, mais c’est le reggae qui deviendra synonyme de Jamaïque notamment grâce à Jimmy Cliff et Bob Marley dans les années 1970. Par la suite le reggae  engendrera d’autres styles tels que le dub, le dancehall et le ragga. Malheureusement, derrière cet impact culturel mondial, en Jamaïque, les 50 dernières années ont aussi été infestées de violence, de pauvreté et surtout de corruption. Les festivités « Jamaica 50 » sont elles aussi enveloppées de querelles politiques…

Caricature parue dans le Daily Gleaner 20.06.2012

Caricature parue dans le Daily Gleaner 20.06.2012

L’une des principales pommes de discorde est la question de la chanson officielle du cinquantenaire de l’indépendance. Une première chanson a été commandée, enregistrée et annoncée en octobre 2011. Il s’agit de Find A Flag (In Your Heart),  chantée par 10 artistes dont Tarrus Riley, Ken Boothe, Mr. Vegas et Marcia Griffiths. Plutôt reggae « à l’ancienne », cette chanson a été bien reçue car elle représente bien le son et l’esprit jamaïcains. Le hic, c’est qu’elle a été commandée par le Jamaica Labour Party (JLP) avant les élections de décembre 2011 qui ont entraîné un changement de majorité.

Caricature parue dans le Jamaica Observer le 21.06.2012

Caricature parue dans le Jamaica Observer le 21.06.2012

Tout le planning du cinquantenaire a immédiatement été bouleversé. La nouvelle Ministre de la Culture, Lisa Hanna, a commandé une autre chanson. Produite par Shaggy, On A Mission a attiré la colère des Jamaïcains malgré la présence de quelques stars bien aimées (Damian Marley, Romain Virgo, Wayne Marshall et Beres Hammond). A cause de ses touches contemporaines de techno et de hip hop, la chanson est jugée inappropriée pour marquer ce moment dans l’histoire du pays du reggae. Rajoutons à cela le fait qu’elle fait partie d’une campagne publicitaire de la chaîne fast-food Kentucky Fried Chicken ; on comprend la réaction des détracteurs et on imagine Peter Tosh se retourner dans sa tombe.

Mr Vegas

Mr Vegas

Mr Vegas, légende du dancehall, n’a pas fait économie de virulence dans un communiqué de presse : « Sans vouloir manquer de respect aux producteurs et aux artistes qui figurent sur cette chanson (On a Mission), mais si c’est cette musique qui représente le mieux nos 50 ans d’indépendance, alors il faut juste que je m’endorme sans plus jamais me réveiller. Les partis pris et le favoritisme sont si moches en Jamaïque, d’autant plus qu’ils n’essaient même plus de s’en cacher… ». Mr Vegas avait lui-même proposé une chanson à l’Office de Tourisme jamaïcain mais celle-ci est refusée. Le vétéran du dancehall a néanmoins sorti un double album intitulé Sweet Jamaica, dans lequel il explore l’héritage musical de son pays. Il s’agit d’une fusion de rocksteady, de ska, de dancehall et de roots reggae, dans des reprises de tubes classiques ainsi que dans des nouvelles compositions originales.

Reggae Music Again - Busy Signal

Reggae Music Again – Busy Signal
Cliquez sur l’image pour écouter dans une nouvelle fenêtre

Dans le même contexte, une autre parution nous intéresse : Reggae Music Again de la jeune étoile Busy Signal. Issu de la scène dancehall tout comme Mr Vegas, Busy Signal a lui aussi voulu faire le tour des différents styles jamaïcains dans son hommage patriotique à la musique. «Reggae music again, let we unite again … » chante-t-il dans la chanson éponyme.  Le message de Busy n’est pas que patriotique ; prenant exemple sur Bob Marley, Busy met en avant la musique comme élément unifiant et pacificateur.

Que ce soit le dub, le mento , le ska, le reggae ou le rocksteady, la musique a été la voix de la Jamaïque. Jimmy Cliff, Steel Pulse ou encore Burning Spear ont longtemps condamné la violence et les injustices économiques. La musique engagée a été un moyen d’encourager les citoyens à la positivité. Malgré ces discordes, la musique reste le plus grand export de cette petite île des caraïbes.

Suggestions vidéo :

K 7751 The Harder They Come, BMG, Jamaïque, 1972

VR5499 Rockers, MVD, Jamaïque, 1978

K 7540 Heartland Reggae Featuring the One Love Peace Concert, Sanctuary Visual, Jamaïque, 1978

Suggestions musique :

KB8771 Busy Signal, Reggae Music Again, VP, 2012 (Reggae/Dancehall)

KM8602 Mr Vegas, Sweet Jamaica, VP, 2012 (Reggae/Dancehall)

MF3071 Mento Madness – Motta’s Jamaican Mento 1951-56, V2, 2004 (Mento)

K 6305 Freedom Sounds – A Celebration of Jamaican Music. Trojan, 2012

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Florilège (46)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

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Valery Gergiev – Tchaikovsky Symphonies N° 1-3

 DT2068 Pour ses trois symphonies de jeunesse, Tchaikovsky s’inspire du folklore russe et de la nature environnante. Toutes trois sont expressives et le chorégraphe Balanchine utilisa le rythme dansant de la troisième pour son ballet « Jewels ». MDW

Iestyn Davies – Arias for Guadagni

 BA6009 Pour son premier album solo, Iestyn Davies, contreténor anglais a choisi des airs du répertoire du célèbre castrat Gaetano Guadagni. Issu d’une famille de musiciens et formés par eux, Guadagni débarque à Londres en 1748. Il y rencontre Haendel qui le fait travailler, modèle sa voix selon l’exigence des rôles qu’il crée pour lui et le rend ainsi célèbre. Guadagni devient l’interprète privilégié d’Haendel. A Vienne il rencontre Gluck et devient l’Orphée du célèbre opéra du compositeur. Il portera ce rôle durant toute sa vie sur toutes les scènes de l’Europe. Devenu une vedette internationale il revient vivre à Padoue, finance des projets pour la ville, organise des festivals de musique et continue à chanter à la basilique. FVW

Johannes Kalitze – Die Besessenen (opéra)

 FK1167 Chef d’orchestre et compositeur, Johannes Kalitzke est né à Cologne le 12 février 1959. Il a étudié la composition avec York Höller et la musique électronique avec Ulrich Humpert avant du poursuivre ses études à l’IRCAM à Paris chez Vinko Globokar. Pour son quatrième opéra, Kalizke a adapté le roman de Witold Gombrowicz Les Possédés. La musique mêle des éléments tirés de la musique ancienne et de médias commerciaux avec le langage musical du compositeur. Commandé et produit par le Theater an der Wien, Die Besessenenn a été créé le 19 Février 2010 et c’est l’enregistrement de cet événement que propose ce disque. AG

Bruno Cocset – Fantazias in Nomine

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Purcell n’a que 21 ans lorsqu’il compose les quinze Fantaisies pour violes. Il ne les a pas publiées de son vivant, la fantaisie pour ensemble de violes, genre jusqu’alors le plus abouti de la musique de chambre, laissant peu à peu la place à de nouvelles formes musicales. Purcell attache cependant à leur écriture, comme un adieu au genre,  une maturité et une profondeur de sensibilité doublée d’une véritable performance dans l’élaboration du contrepoint. Bruno Cocset  ressent dans la qualité de ces partitions comme « une recherche d’un temps révolu, où l’âme et la sensualité pouvaient se rencontrer dans des sphères spirituelles et intellectuelles sans artifice, pures… démarche d’intériorité qui nous touche dans notre rapport à l’intemporel, à l’union des sens et du céleste, à la question de l’infini.»  FVW

Contributeurs:

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL) ~ Sébastien Biset (SB)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

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La magie du cosmos & l’univers élégant par Brian Greene

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Brian Greene est professeur de physique et de mathématiques à l’université Columbia de New York depuis 1996.

Son premier livre « L’Univers élégant », paru en 1999, est un ouvrage de vulgarisation scientifique qui traite de la théorie des cordes.

Cette théorie fait le postulat qu’au niveau subatomique la matière est constituée de cordelettes vibrant à des fréquences spécifiques pour chaque sorte de particule élémentaire.

En fournissant une description du monde de l’infiniment petit qui intègre la « gravité quantique », elle est sur le point de résoudre le problème de l’incompatibilité des équations de la relativité générale d’Einstein avec celles du modèle standard de la physique des particules.

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Dans son second livre paru en 2004, « La Magie du cosmos », Briane Greene traite avant tout de la nature de l’espace et du temps en détaillant les expériences qui ont été à la base des dernières découvertes sur leur nature.  La théorie des cordes nécessite en effet pour être viable une redéfinition de la manière dont nous percevons l’espace qui nous entoure. Cette redéfinition ne va pas sans heurter notre bon sens commun car elle suggère l’existence de dimensions supplémentaires cachées.

Ce livre de près de 700 pages est un véritable tour de force en matière de vulgarisation scientifique. C’est un ouvrage de réflexion et de méditation sur la réalité de nos perceptions. Un exercice de conceptualisation soutenu par des bases mathématiques très sérieuses.

Je salue ici au passage les talents de la traductrice, Céline Laroche, car dans ce genre de matière le verbe peut facilement rendre le travail plus confus qu’il ne l’éclaire.

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Les deux séries éditées par Arte comprennent 4 épisodes de 50 minutes pour « La Magie du cosmos«  et 3 épisodes de 40 minutes pour « L’Univers élégant« .

Comparé aux 700 pages du premier livre et aux 400 du second, la série doit forcément comprimer les données.

Néanmoins tout y est résumé avec brio et Brian Greene arrive à faire passer ses théories scientifiques visionnaires avec beaucoup de clarté. Il évite les métaphores trop peu développées ou trop puériles qui caractérisent trop souvent la vulgarisation scientifique traitée sous forme  audiovisuelle.

Une série qui, je crois, plaira à tous ceux qui ont aimé la lecture des deux premiers livres de l’un des plus grands spécialistes de la théorie des cordes.

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Briane Greene fait une apparition en tant que « guest star» dans la très amusante série « The Big bang theory ». Cette série met en scène une équipe de jeunes chercheurs « nerds » de Caltech – Léonard, Sheldon, Howard et Rajesh – confrontés au charme et bon sens de leur voisine de palier Penny. Il y joue son propre rôle lors d’une conférence où le personnage principal de la série, Sheldon, l’interpelle sur la pertinence de son discours.

Eddy Maes.

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Briane Greene vient de publier son troisième livre, » La Réalité cachée  « 

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Détails, résumés et disponibilités

La magie du cosmos & l’univers élégant – présentées par Brian Greene

The Big Bang theory (cinq saisons)

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Old School Jams : Les chouchoux du K

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Les présentoirs de la médiathèque regorgent d’albums de toutes époques, origines et styles… De temps en temps, une mise à jour s’impose ! C’est à nous, les médiathécaires, d’assurer que les collections restent attractives et up-to-date. C’est ainsi que nous examinons régulièrement les listes des titres qui n’ont pas été empruntés depuis trop longtemps pour ensuite décider de leur sort. Certains sont envoyés aux archives et restent disponibles à l’emprunt. Quant aux médias dont un exemplaire est déjà présent aux archives, nous les mettons en vente. C’est de là que proviennent les médias que vous, les membres, pouvez acheter. Il reste encore les médias que nous choisissons de garder dans nos collections, ces albums qui ont été occultés par les titres à plus grand succès. Voici quelques albums « coup de cœur » qui gardent leur place dans la collection.

HIP HOP

K 7287 True Notes, Vol. 1 . Okayplayer, 2004

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Okayplayer, c’est un vaste projet fondé en 1999 par Amir « ?uestlove » Thompson, le leader des Roots. Au départ collectif centré autour d’un site web,  Okayplayer a évolué en label à part entière (en collaboration avec le label Decon). Des artistes engagés tels que Dilated Peoples, Talib Kweli et Blackalicious se sont rapidement associés à ce projet qui a pour mission de soutenir  des artistes  émergents. ?uestlove assure la production de chaque morceau de cette compilation. Il a en outre sélectionné avec les autres Roots les artistes à présenter. On reconnaît d’ailleurs facilement la touche ?uestlove, les beats rebondissent comme il faut ! RJD2, Madlib, Aceyalone sont présents ainsi qu’une brochette d’autres MCs étonnants et relativement peu connus.  Vous pouvez également faire un tour sur okaylayer.com pour entendre des sons sympa.

Clubroot

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KC6050 Clubroot, Clubroot. LoDubs, 2009

Entre le dub et le dubstep, une écoute fantomatique et frissonnante. Découvert par Mary Ann Hobbs en 2006, Clubroot a fait ses débuts dans la Drum & Bass et est fortement influencé par la bass music britannique (2-step, dubstep, etc.). Le jeune Londonien nous plonge dans une ambiance éthérée downtempo empreinte d’une tristesse douce-amère à la Burial. Des nappes électroniques furtives et volantes tournent autour de l’auditeur comme des petits farfadets pour un effet garanti « froid dans le dos ».  Les basses traînantes, sombres et langoureuses sont évocatrices d’une journée froide et grise dans une métropole post industrielle.

FUNK

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KT9010, 24-Carat Black, Ghetto: Misfortune’s Wealth. Stax, 1995 (Enregistré en 1973)

Album concept à situer entre la comédie musicale et le funk opéra. La musique a été arrangée par un certain Dale Warren, neveu par alliance de Berry Gordy et auteur-compositeur chez Motown et chez Stax. C’est à Warren qu’Isaac Hayes doit quelques-uns de ses plus dramatiques arrangements d’instruments à cordes, notamment sur l’album Hot Buttered Soul. Pour son album funk-concept, il ne lui manquait plus qu’un groupe de musiciens-interprètes. Il a choisi les jeunes Ditalians, qui après quelques mois de répétition sont devenus les 24-Carat Black. Le disque a été enregistré en une seule session de 12heures.  Les arrangements glissent aisément entre différents registres : on passe du gospel au spoken word sans heurts dans cette épopée qui se veut un témoignage du quotidien du ghetto. C’est une écoute plus qu’intéressante. Les arrangements harmonieux sont riches en émotion.

                                          

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    ROCK N ROLL

KM1629 Janis Martin, The Female Elvis – Complete Recordings 1956-60. Bear Family, 1994 (Enregistré 1956-1960)

La stratégie marketing du label RCA était de présenter cette jeune chanteuse comme « Elvis, en fille ». Alors que les similitudes sont nombreuses (même façon de chanter, mêmes gestes de danse sur scène), Janis Martin mérite largement d’être considérée comme une artiste à part entière. Issue de la scène country, elle a été rapidement envoûtée et influencée par le style rockabilly émergent.  Son public d’origine n’approuvait guère ses performances scéniques voluptueuses, jugées indécentes venant d’une si jeune femme (elle n’avait que 17 ans à l’apogée de sa carrière). Alors qu’Elvis a pu faire tomber le mur du puritanisme par son charme, c’était loin d’être aussi simple pour Janis Martin et sa carrière en a malheureusement souffert. Cette compilation reprend ses plus grands succès et nous donne l’occasion d’entendre une jeune voix riche et pleine d’entrain. A l’écoute, on passe  du Rock n’ Roll énergique à des ballades country langoureuses ; Janis maîtrisait ces deux styles.  Pour l’anecdote, elle a été signée un petit temps sur le label belge Palette !

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SOUL

KB 0242 Baby Huey, The Baby Huey Story : The Living Legend . Water, 2004 (Enregistré en 1969)

Sa voix d’une puissance sensationnelle et féroce vous rappellera sans doute celle d’Otis Redding. Pesant près de 200kg, ce flamboyant personnage souvent vêtu de soie ou de satin bariolé est décédé d’un arrêt cardiaque à l’âge de 26 ans sans avoir vu la parution de ce qui devait être son premier album en 1971. Son chant est captivant : il grogne, hurle, gémit avant d’adoucir le ton pour des passages plus tendres. Sa voix est soutenue par son groupe de funk attitré : les Baby Sitters. Entre funk et psychedelic soul, les Baby Sitters  se défendent merveilleusement bien avec leurs arrangements fermes et rigoureux. C’est Curtis Mayfield qui a assuré la production étourdissante de chacun des morceaux sur ce disque. La reprise de A Change is Gonna Come (Sam Cooke) , beaucoup plus longue que la version d’origine,  est une réappropriation surprenante qui ne manquera de vous secouer.

A bientôt!OLDSCHOOL OUTTRO

Emina

Publié dans Emina Alickovic, Soul - Funk - R'n'b | 1 commentaire